Archives de Tag: Asexualité

An asexual person who does not know they are asexual will grow up believing that they must be sexual, feel sexual attraction, and be sexually active. Sexual desire is thought to be as natural and universal as breathing, and a person who does not have it must be abnormal or defective in some way. Asexual people are pressured into being “normal” by the stigma and stereotypes our culture has regarding virgins, celibacy, aromanticism, and several other concepts. An asexual person who does not conform to compulsory sexuality will encounter prejudice, harassment, pathologization and other problems; they are, essentially, being pressured or coerced into acting allosexual.

And much of the time, these messages are so universal, and so unquestioned, that we internalize them: we learn to silence our own objections to sex, and we scold ourselves for being “abnormal.” The discovery of asexuality is a turning point for many of us, and transforms our sexuality from a problem that needs to be fixed into a different yet beautiful thing we can be proud of. To identify as asexual means we no longer apologize for what we are, and that we know we do not need to follow our culture’s expectations about sex. The asexual identity frees us to say “No,” with a confidence that we did not have before.

But what of the asexual people who do not know what they are? What of the asexuals who consent to acts of sex purely because they think it’s what they’re supposed to do? What of the asexual people who have sex because they want to be “normal,” knowing that their friends, family and lovers will reject or look down on them if they are abnormal? They do not have the information about asexuality that they need to make fully informed decisions about their sex lives. They might not have the confidence needed to resist people and social standards that would pressure them into having sex that they do not truly want. They can still consent to sex, and may even enjoy it, but they are not entirely free, and their consent is not freely given.

« Asexuality and Consent Issues »

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Et si on inversait le scénario
Un texte un peu plus léger cette fois-ci, traduction de Fun Times Flipping the Script, publié par David Jay en décembre 2006.

Notez bien que les questions se veulent facétieuses, et ne sous-entendent pas que la sexualité humaine est anormale ou malsaine ; pour la majorité des gens, c’est tout à fait normal et sain. Le but de ces questions est de contester l’idée que tout les gens sont naturellement sexuels ou devraient l’être.

1) D’après vous, qu’est-ce qui a causé votre sexualité ?

2) Quand et comment avez-vous décidé d’être sexuel, et pourquoi ce choix ?

3) Est-il possible que votre sexualité soit juste une phase dont vous sortirez ?

4) Est-il possible que votre sexualité provienne d’une peur névrotique d’interagir avec les gens et pas seulement leurs corps, ou bien d’une obsession névrotique avec les corps, ou pire, une incapacité à voir au-delà des corps ?

5) Les sexuels ont un passé de relations asexuelles ratées, n’étant pas capable d’être très proche de quelqu’un sur un plan non sexuel. Pensez-vous que vous soyez devenu sexuel par peur de l’intimité émotionnelle ?

6) Si vous n’avez jamais eu de relation vraiment intime avec quelqu’un sans tout le fouillis qui arrive quand on rajoute le sexe et les fluides corporels, comment savez-vous que vous ne préfèreriez pas ça ?

7) Si la sexualité est normale, pourquoi y a-t-il une telle variété parmi les attirances sexuelles, les libidos et les désirs ?

8) La sexualité et les activités sexuelles peuvent indiquer un dérèglement hormonal ou psychologique, ou même des lésions cérébrales. Avez-vous envisagé de faire tester vos hormones ou de subir une évaluation psychologique ?

9) Beaucoup de ceux qui ont été abusés sexuellement quand ils étaient enfants ou adolescents extériorisent cela par le sexe et deviennent très sexuel ensuite dans leur vie. Avez-vous été victime d’abus sexuels enfant ou adolescent ? Est-ce que c’est pour ça que vous êtes sexuel ?

10) A qui avez-vous révélé vos tendances sexuelles ? Comment ont-ils réagi ?

11) Votre sexualité ne me gène pas tant que vous me laissez tranquille, mais pourquoi tant de sexuels essaient de séduire les autres et de les attirer dans cette orientation ?

12) Si vous souhaitez élever des enfants, voudriez-vous qu’ils soient sexuels, sachant les problèmes auxquels ils auront à faire face, toutes les complications qu’ils devront affronter dans leurs relations et dans leur vie ?

13) La majorité des pédophiles, des violeurs et des agresseurs sont sexuels. Est-ce que vous considérez qu’il est prudent d’exposer vos enfants aux sexuels ? Aux professeurs sexuels, en particulier ?

14) Pourquoi les sexuels se sentent-ils obligés de le montrer, de se donner en spectacle avec leur sexualité ? Vous ne pouvez pas simplement être ce que vous êtes discrètement ?

15) Le sexuels assignent toujours à leurs relations des catégories étroitement définies, “partenaire” ou “ami”. Pourquoi est-ce que vous vous accrochez à une catégorisation des relations si malsaine et restrictive ? Pourquoi est-ce que vous ne pouvez pas simplement aimer ?

16) Comment est-il possible d’avoir une relation complètement épanouissante et des émotions profondes avec une autre personne quand on est préoccupé par le sexe et ce que fait notre corps ? Comment est-ce que deux personnes peuvent réellement être intimes si elles passent leur temps à voir et à traiter l’autre comme un objet sexuel, ou à chercher à se satisfaire sexuellement ?

17) Les couples de sexuels ont un soutien entier de la société, et pourtant les divorces et les séparations difficiles continuent à provoquer de grandes souffrances aux sexuels. Pourquoi y a-t-il si peu de couples stables ?

18) Comme la sexualité et les problèmes qui en découlent sont très pénibles pour beaucoup de gens, il y a des techniques qui ont été développées pour aider les sexuels à changer. Avez-vous envisagé d’essayer une thérapie par les hormones ou une cure de déconditionnement ?

19) Comment les sexuels arrivent-ils à se concentrer alors qu’ils doivent gérer les manifestations constantes de l’attirance sexuelle et de leur libido, et qu’ils passent du temps et de l’énergie à rechercher des partenaires sexuels ?

20) Un nombre disproportionné de criminels et d’irresponsables en tout genre sont sexuels, et il existe tellement de comportements autodestructeurs, brutaux et oppressifs qui sont sexuels par nature. Alors comment est-ce possible que la sexualité soit normale et saine ?

21) Il y a tellement de gens sexuels qui n’acceptent d’être intimes avec quelqu’un sur le plan émotionnel que si leur relation est sexuelle. Pourquoi les sexuels sont-ils si frigides émotionnellement ?

22) Peut-être que vous croyez être sexuel juste parce que vous n’avez pas encore rencontré la bonne personne. Pensez-vous que vous vous tourniez vers la sexualité par désespoir parce que vous n’êtes pas comblé émotionnellement ?

23) Il y a tellement de risques corporels inhérents à la sexualité, notamment les IST et les grossesses non désirées, sans parler de la frustration et des risques émotionnels en particulier dans un couple sexuel ensemble depuis longtemps. Pourquoi qui que ce soit voudrait être sexuel ?

24) Pourquoi est-ce que les sexuels ont besoin que quelqu’un les désire sexuellement pour se sentir exister ? Pourquoi sont-ils si complexés ?

trouvé sur le blog Déconstructions Asexuelles

Je m’identifie comme aromantique. C’est un mot bizarre, je sais, mais c’est un mot que j’aime beaucoup. C’est un mot qui m’aide à mettre en ordre ce que je ressens. Ou plutôt ce que je ne ressens pas.

Il rend compte du fait que je ne tombe pas amoureux.

Il rend compte du fait que je ne sais pas très bien de quoi on parle lorsqu’on me parle de sentiments romantiques. Parce que je n’en ressens pas. Jamais. Je n’ai pas de coups de foudre. Je ne sais pas ce que sais d’avoir le souffle coupé ou les pensées sans cesse occupées par l’être aimé. Et voilà. C’est comme ça. Deal with it, comme on dit.

Pas de malentendus, je n’ai pas une attitude négative à l’égard de ce qui est “romantique”. Je n’ai rien contre les gens amoureux. Je n’ai rien contre les sentiments amoureux. Je n’ai rien contre les petits coeurs en papier mâché. Rien du tout.

Petit cœur en papier mâché
Par contre, j’ai clairement un problème avec une certaine idée de l’amour romantique. Une idée qui fait l’unanimité. Une idée avec laquelle tout le monde semble d’accord et personne contre. Une idée que tout le monde connaît.

Une idée, ou plutôt une histoire sur l’amour romantique que l’on adore se raconter, et jusqu’à la nausée.

C’est cette histoire qui raconte que l’amour romantique (hétérosexuel) est cette expérience ultime, cette expérience qui est tellement importante que sans elle, on ne devient pas tout à fait un être humain. C’est aussi cette histoire qui raconte que le but principal de la vie, c’est de trouver un-e partenaire avec lequel vous vous engagerez dans une relation romantique aussi intense que durable.

Et il y a une suite. Si cette expérience de l’amour est obligatoire pour devenir une “vraie” personne, c’est parce qu’à travers elle, on se découvre soi-même. C’est parce que c’est par cette expérience que l’on apprend à exprimer vraiment ce qu’il y a en nous. C’est par cette expérience que l’on donne du sens à sa vie, c’est par elle que l’on atteint le bonheur. Rien que ça.

Je vais vous dire : je trouve cette histoire absolument gonflante. On pourrait déjà dire beaucoup sur l’hétérosexisme et le monosexisme que l’on y trouve (il s’agit bien de l’amour entre UN homme et UNE femme). Mais puisque d’autres le font bien mieux que moi, je m’abstiens.

Mais en plus : quelle place elle donne aux personnes qui ne ressentent pas de sentiments romantiques ? Ou aux personnes qui n’ont pas accès à ce type de relations ? Qu’est-ce qu’on fait quand on ne ressent pas de sentiments romantiques ? J’ai pas l’impression que c’est prévu dans le scénario, ça.

Si je ne ressens pas de sentiments romantiques, est-ce que ça veut dire que ce que je ressens a moins de valeur ? Est-ce que ça veut dire que je ne suis pas en mesure de ressentir les vrais sentiments importants et donc romantiques ?

Est-ce que ça veut dire que je n’atteindrais jamais le vrai sens de moi-même ? Est-ce que ça veut dire que mes relations avec les autres sont moins importantes ? Est-ce que ça veut dire que je ne saurais jamais ce qu’est le bonheur ? Est-ce que ça veut dire que je suis moins humain ?

De quelle manière je vais expliquer à la personne avec qui j’ai une relation que je “l’aime” même si cet amour n’est pas romantique ? Avec quels mots je vais le dire, sachant qu’il n’en existe aucun ? Comment est-ce que je vais faire pour lui faire sentir que notre relation est importante ?

Et de manière encore plus large : quel genre de sentiments il faudrait que je ressente pour être vraiment humain ?

Quel genre de sentiments faut-il ressentir pour être vraiment humain ?

On vit dans une société où l’on est tous censés être sexuel-le-s. Et si on n’est pas sexuel-le-s, c’est qu’on a un problème. On vit dans une société qui prétend que faire l’expérience de la sexualité c’est obligatoire pour se comprendre soi-même, c’est obligatoire pour créer des liens avec les autres, c’est obligatoire pour comprendre le plaisir. La sexualité est tellement liée à la maturité qu’en fait, sans elle, on n’est pas vraiment adulte. Et ça, ça peut faire vraiment peur, ça peut être vraiment aliénant. On se retrouve avec plein de trucs dans la tête et on ne sait pas quoi en faire.

David Jay, in “(A)sexual

trouvé sur le blog Asexualités

De la même manière que l’hétéronormativité positionne l’hétérosexualité comme la façon d’être normale, universelle et socialement désirable ; la normativité sexuelle positionne la sexualité comme une façon d’être normale, universelle et socialement désirable. Cette normativité sexuelle postule que toute personne est sexuelle tant qu’elle n’affirme pas le contraire. De surcroit, l’asexualité y est présentée comme nécessitant une explication et un possible traitement médical tandis que la sexualité est tout simplement, et souvent de manière non questionnée, pensée comme la façon d’être normale.

DeLuzio Chasin C. Theoretical Issues in the Study of Asexuality. Archives of Sexual Behavior. 2011;40(4):713‑723.

trouvé sur le blog asexualités