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le pouvoir des femmes et la subversion sociale

le pouvoir des femmes et la subversion sociale

par Mariarosa Dalla Costa et Selma James

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One the one han…

One the one hand, the woman is formally prevented from selling herself as houseworker and as prostitute in the same time, given that one person cannot at the formal level exist as legal (houseworker) and illegal (prostitute) subjects simultaneously. On the other hand for the prostitute to sell her labor-power as its capacity for production would also be formally incompatible. But in practice she can and she does. Nowadays, for example, with the crisis of family so rampant, housewives and others are becoming part-time prostitutes, as too are students, workers, teachers, secretaries, etc. The division in the female job market between prostitute and non-prostitute is thus blurring. Entering and leaving the two markets has become far easiest than in the past […]. The rise in prostitution, coupled with women’s increasing absenteeism from housework, is dangerously changing the face of the male worker’s consumption, where his consumption of housework should not only be complementary but also fundamental to his consumption of prostitution work, and vice versa. In response, capital has intensified its efforts to regain its quantitative control over the supply of prostitution work. The wave of repression of prostitutes is in reality capital’s attempt to re-establish the complementary aspects of the exchange, and to once more place prostitution work in a secondary position to housework in terms of the male worker’s quantitative consumption of it.

Leopoldina Fortunati, The Arcane of Reproduction : Housework, Prostitution, Labor and Capital; Autonomedia, 1996, p. 44-45

D’un côté, la femme est formellement empêchée de se vendre comme ménagère et comme prostituée en même temps, étant donné qu’une personne ne peut, au niveau formel, exister simultanément en tant que sujet légal (la ménagère) et illégal (la prostituée). D’un autre côté, pour la prostituée, vendre sa force de travail comme sa capacité pour la production serait aussi formellement incompatible. Mais en pratique, elle le peut et elle le fait. De nos jours, par exemple, avec la crise si endémique de la famille, les femmes au foyer et autres deviennent des prostituées à temps partiel, de même que les étudiantes, travailleuses, enseignantes, secrétaires, etc. La division dans le marché du travail féminin entre prostituée et non-prostituée devient brouillée. Entrer et quitter ces deux marchés est devenu bien plus facile que par le passé […] L’augmentation de la prostitution, couplée au croissant absentéisme  des femmes du travail ménager, est en train de dangereusement changer le visage de la consommation du travailleur, puisque sa consommation de travail ménager ne devrait pas être seulement complémentaire, mais fondamentale, par rapport à sa consommation de travail de prostitution, et vice versa. En réponse, le capital a intensifié ses efforts pour récupérer un contrôle quantitatif sur la réserve de travail de prostitution. La vague de répression des prostituées est en réalité une tentative du capital pour rétablir les aspects complémentaires de l’échange, et pour, une fois de plus, placer le travail de la prostitution dans une position secondaire par rapport au travail ménager en ce qui concerne la quantité qu’en consomme le travailleur.

It is this redu…

It is this reduction of personal relationships to relations of production (i.e. the family) that underlies the growing isolation of individuals within capitalism. The individual becomes isolated not only from outside society but also from other family members with whom he/she has a relation based on production and not the individual him/herself. Thus while capital, at the formal level, offers each individual great freedom of choice over with whom to exchange within the relations of reproduction it is illusory, because this « freedom » is matched by minimal real opportunity for individual relationships.

Leopoldina Fortunati, The Arcane of Reproduction : Housework, Prostitution, Labor and Capital; Autonomedia, 1996, p. 25

C’est cette réduction des relations personnelles à des relations de production (c-à-d la famille) qui sous-tend l’isolation croissante des individus sous le capitalisme. L’individu deviennent isolés non seulement de la société extérieure, mais aussi des autres membres de leur famille avec qui il/elle entretient une relation basée sur la production et non sur l’individu lui/elle-même. Dès lors, alors que le capital, au niveau formel, offre à chaque individu une grande liberté de choix en ce qui concerne avec qui il peut échanger à l’intérieur d’une relation de reproduction, il s’agit d’une illusion, puisque cette « liberté » est compensée par une opportunité réelle de relations individuelles minimale. 

In the case of …

In the case of housework, the relation does not appear to be between the woman and the capital, but between the housewife and the male worker, thus it appears as a relation which is intended to satisfy reciprocal individual consumption and not the work it is – a relation of production. In prostitution, too, the relation does not appear to be between the woman and capital, but between the prostitute and the male worker. In this case too, prostitution appears to be intended to satisfy reciprocal individual consumption and not the work it is – again a relation of production. Thus both these relations posit themselves as non-directly waged relations of production which take place between woman – as houseworker or as sex-worker – and capital, through the mediation of the male worker.

Leopoldina Fortunati, The Arcane of Reproduction : Housework, Prostitution, Labor and Capital; Autonomedia, 1996, p. 23

Dans le cas du travail domestique, la relation ne semble pas être entre la femme et le capital, mais entre la ménagère et le travailleur, ce qui apparait alors comme une relation destinée à satisfaire la consommation individuelle réciproque, et non comme le travail que c’est – une relation de production. Dans la prostitution, également, la relation ne semble pas être entre la femme et le capital, mais entre la prostituée et le travailleur. Dans ce cas également, la prostitution semble destinée à satisfaire la consommation individuel réciproque, et non pour le travail qu’elle est – à nouveau, une relation de production. Ces deux relations se présentent alors comme des relations de production non-directement rémunérées, qui prennent place entre la femme – en tant que ménagère ou que travailleuse du sexe – et le capital par la médiation du travailleur. 

 

the family can …

the family can be considered the capitalist form of relationships of reproduction between individuals

Leopoldina Fortunati, The Arcane of Reproduction : Housework, Prostitution, Labor and Capital; Autonomedia, 1996, p. 19

« La famille peut être considérée comme une forme capitaliste de relations de reproductions entre individus. »

Under capitalis…

Under capitalism, reproduction is made up of different sectors. The family and prostitution are the main sectors, the backbone of the entire process […] The second process however – the sexual reproduction of labor power – is a corollary and specific process of reproduction. Prostitution is corollary because its function must be to support and complement housework »

Leopoldina Fortunati, The Arcane of Reproduction : Housework, Prostitution, Labor and Capital; Autonomedia, 1996, p. 17-18

« Sous le capitalisme, la reproduction est constituée de différents secteurs. La famille et la prostitution sont les secteurs principaux, le pilier du procès complet […]. Le second procès cependant – la reproduction sexuelle de la force de travail – est un procès de reproduction corollaire et spécifique. La prostitution est corollaire parce que sa fonction doit être de soutenir et de compléter le travail domestique »

proletariat do …

proletariat do not unite and fight because first there is all kinds of divisions within the proletariat itself. Divisions that have to do with race. divisions that have to do with sex. and these divisions are structural […] for example sexism is a structural necessity of capitalist society. because sexism is the ideological justification for the fact that women have to be subordinated to men […] one of the first pamphlets I wrote begin with this statement : they call it love. we call it unpaid labor. and I think, there is love but I think we’ll experience it when we are free when we’ll be able not to have to sell our bodies in order to get a meal or something similar »

Silvia Federici https://www.youtube.com/watch?v=enpTFJsswWM (autour de 52’30)