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Wherever possible we shall strive to set up our committees, committees of the Social-Democratic Labour Party. They will consist of peasants, paupers, intellectuals, prostitutes (a worker recently asked us in a letter why not carry on agitation among the prostitutes), soldiers, teachers, workers – in short, all Social-Democrats, and none but Social-Democrats … The urban and industrial proletariat will inevitably be the nucleus of our Social-Democratic Labour Party, but we must attract to it, enlighten, and organise all who labour and are exploited, as stated in our programme – all without exception: handicraftsmen, paupers, beggars, servants, tramps, prostitutes.

Lénine, Collected Works, vol. 9, pp. 237-8., trouvé ici : http://stalinsmoustache.wordpress.com/2011/04/18/lenin-and-prostitutes/

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– “Pas mal, pas mal du tout, dit Lénine. L’énergie, le dévouement et l’esprit de sacrifice des camarades femmes, leur courage et leur intelligence, à l’époque de l’illégalité et de la semi-légalité, ouvrent de bonnes perspectives pour le développement du travail. Ce sont des facteurs précieux pour l’extension du Parti et sa capacité à conquérir les masses et à mener des actions. Mais quelle est la situation au point de vue de la clarté théorique et de l’éducation des camarades femmes et des camarades hommes sur ce sujet ? Car c’est d’une importance fondamentale pour le travail parmi les masses. La façon de mener le travail féminin permet de savoir ce qui se passe au sein des masses, quelles sont les idées auxquelles elles sont gagnées, ce pourquoi elles s’enthousiasment. Je ne me rappelle plus qui a dit: “Pour accomplir de grandes choses, il faut de l’enthousiasme”. Nous, et les travailleurs du monde entier, avons véritablement de grandes choses à accomplir. Mais pourquoi s’enthousiasment vos camarades, les travailleuses d’Allemagne ? Où en est le développement de leur conscience de classe ? Concentrent-elles leur attention, leurs occupations sur les exigences politiques de l’heure ? Quel est le centre de leurs pensées ? “

« A ce propos, j’ai entendu raconter quelque chose de tout à fait singulier par les camarades russes et allemands. Il faut que je vous le dise. On m’a raconté qu’une camarade très douée de Hambourg édite un journal pour les prostituées, et s’efforce de les gagner à l’idée révolutionnaire. Rosa Luxembourg a agi d’une façon très humaine en défendant dans un article les prostituées, qu’une infraction quelconque contre les instructions policières sur l’exercice de leur triste profession a conduites en prison. Elles sont doublement victimes de la société bourgeoise. D’abord de son maudit régime de propriété, ensuite de sa maudite morale hypocrite. Seule, une brute stupide, peut oublier cela. Mais c’est tout de même quelque chose de différent que de considérer les prostituées – comment dois-je dire – comme une troupe professionnelle spéciale de combat révolutionnaire et d’éditer pour elles un journal corporatif. N’y a-t-il donc vraiment plus en Allemagne d’ouvrières d’industrie à organiser, pour qui éditer un journal, et capables d’être gagnées à vos luttes ? Il s’agit là d’une excroissance maladive. Cela me rappelle fortement cette mode littéraire qui tend à transformer chaque prostituée en une douce Madone. L’idée originale était saine; à savoir la sympathie sociale, la révolte contre l’hypocrisie de la « vertueuse » bourgeoisie. Mais cette idée saine a été bourgeoisement dénaturée. D’ailleurs la question de la prostitution posera pour nous également des problèmes difficiles: retour des prostituées au travail productif, incorporation dans l’économie sociale. C’est à cela qu’il faut travailler. Mais, étant donné l’état actuel de notre économie et toutes nos conditions actuelles, c’est très difficile à réaliser. Vous avez là un morceau de question féminine qui se posera largement devant nous au lendemain de la conquête du pouvoir par le prolétariat et exigera une solution pratique. Cela nous donnera encore beaucoup de travail chez nous. Mais pour en revenir à votre cas particulier, en Allemagne, le Parti ne doit pas permettre à ses membres de pareilles bêtises. Elles créent de la confusion et dispersent les forces. Vous-même, qu’avez-vous fait contre cela ?

Avant que j’eusse pu répondre, Lénine continua: “Vos péchés, Clara, ne s’arrêtent pas encore à cela. On m’a dit que dans vos réunions féminines, on discute de préférence la question sexuelle. Cette question est, paraît-il, l’objet particulier de votre attention, de votre propagande. Je ne pouvais pas en croire mes oreilles, quand on m’a dit cela. Quoi ? Le premier Etat prolétarien est en lutte avec les contre-révolutionnaires du monde entier ! La situation en Allemagne même exige la concentration extrême de toutes les forces révolutionnaires, prolétariennes, pour la lutte contre la réaction de plus en plus insolente ! Mais les militantes discutent de la question sexuelle, et des formes du mariage dans le passé, le présent et le futur. Elles considèrent que leur tâche la plus importante est d’éclairer les travailleuses sur ce point. L’écrit le plus répandu en ce moment est la brochure d’une jeune camarade de Vienne sur la question sexuelle. C’est de la foutaise ! Ce qu’il y a là-dedans, les ouvriers l’ont lu depuis longtemps dans Bebel. Cela n’est pas exprimé d’une façon aussi ennuyeuse, comme dans cette brochure, mais avec un caractère d’agitation, d’attaque contre la société bourgeoise. La discussion sur les hypothèses de Freud vous donne un air “cultivé” et même scientifique, mais ce n’est au fond qu’un vulgaire travail d’écolier. La théorie de Freud est également une “folie” à la mode. Je me méfie des théories sexuelles et de toute cette littérature spéciale qui croît abondamment sur le fumier de la société bourgeoise. Je me méfie de ceux qui ne voient que la question sexuelle, comme le prêtre hindou ne voit que son nuage. Je considère cette surabondance de théories sexuelles, qui sont pour la plupart des hypothèses, et souvent des hypothèses arbitraires, comme provenant d’un besoin personnel de justifier devant la morale bourgeoise sa propre vie anormale ou hypertrophique, ou du moins l’excuser. Ce respect déguisé de la morale bourgeoise m’est aussi antipathique que cette importance accordée aux questions sexuelles. Cela peut paraître aussi révolutionnaire que cela voudra, c’est, au fond, profondément bourgeois. C’est surtout une mode d’intellectuels. Il n’y a pas de place pour cela dans le parti, dans le prolétariat conscient.”

Clara ZETKIN, Souvenirs sur Lénine, Janvier 1924 

CAPITALISME ET TRAVAIL FEMININ.

La société capitaliste est le lieu caché de nombreux cas de pauvreté et d’oppression qui ne sont pas directement visibles. Les familles éclatées originaires de la petite-bourgeoisie, d’artisans, d’ouvriers industriels, d’employés et de domestiques sont pauvres de manière indescriptible. Des millions et des millions de femmes dans de telles familles vivent (ou plutôt survivent) comme esclaves domestiques, enchaînées par l’effort quotidien désespérant de nourrir et vêtir leur famille avec quelques sous, économisant chaque chose sauf leur labeur.

C’est de loin parmi ces femmes que les capitalistes sont plus avides de recruter des travailleuses ménagères et qui sont préparées à « accepter » des salaires monstrueusement bas pour apporter davantage de nourriture pour elles-mêmes et leur famille. C’est parmi elles que les capitalistes de tous les pays( comme les propriétaires d’esclaves de l’antiquité et les seigneurs féodaux du moyen-âge) choisissent nombre de concubines au plus favorable prix. Aucune « indignation morale » ( hypocrite dans 99% des cas) sur la prostitution ne peut rien faire pour empêcher ce commerce du corps des femmes ; aussi longtemps que l’esclavage salarié existera, la prostitution continuera inévitablement. A travers l’histoire, toutes les classes opprimées et exploitées ont toujours été réduites (leur exploitation consiste en cela) par leurs oppresseurs, en premier au travail non rémunéré, en second, leurs femmes à être les concubines des « maîtres ».

LENINE, “capitalisme et travail féminin”

Dernièrement, à Londres, s’est terminé le « cinquième congrès international de lutte contre la prostitution ».
Ce fut une rencontre de duchesses, de comtesses, d’évêques, de pasteurs, de rabbins, de fonctionnaires de la police et de philanthropes bourgeois de tout poil ! Et combien de dîners solennels, combien de fastueuses réceptions officielles eurent lieu à cette occasion ! Combien de discours emphatiques y furent prononcés sur la nocivité et l’infamie de la prostitution !
Quels étaient donc les moyens de lutte réclamés par les délégués bourgeois au congrès, ces gens délicats ? Deux moyens avant tout : la religion et la police. Il paraît que c’est là tout ce qu’il y a de bon et de sûr contre la prostitution. D’après le correspondant londonien de la Volkszeitung de Leipzig, un délégué anglais s’est vanté d’avoir proposé au Parlement d’appliquer un châtiment corporel aux entremetteurs. Voilà un héros « civilisé » de la lutte contre la prostitution telle qu’on la pratique de nos jours !
Une dame canadienne était ravie de la police et de la surveillance exercée par la police féminine sur les femmes « tombées », mais à propos d’une augmentation des salaires elle disait que les ouvrières ne méritaient pas un meilleur paiement.Un pasteur allemand fulmina contre le matérialisme contemporain qui se répand de plus en plus dans le peuple et contribue aux progrès de l’amour libre. Lorsque le délégué autrichien, Hertner, essaya d’aborder les causes sociales de la prostitution, la misère et la pauvreté des familles ouvrières, l’exploitation du travail des enfants, les conditions de logement insupportables, etc., le congrès, par des exclamations hostiles, obligea l’orateur à se taire ! En revanche, on racontait, dans les groupes de délégués, des choses édifiantes et solennelles sur de hautes personnalités. Par exemple, quand l’impératrice allemande rend visite à une maison d’accouchement à Berlin, on met des alliances aux doigts des mères des enfants « illégitimes », afin de ne pas choquer la haute personnalité par l’aspect de mères non mariées !
Cela permet de juger quelle dégoûtante hypocrisie bourgeoise règne à ces congrès aristocratiques et bourgeois. Les acrobates de la charité et les policiers pour qui la misère et la pauvreté sont des objets de dérision se rassemblent pour « lutter contre la prostitution », qui est soutenue précisément par l’aristocratie et la bourgeoisie…

Lénine : « Le cinquième congrès international de lutte contre la prostitution », Rabotchaïa Pravda,

13/26 Juillet 1913,

Œuvres, t. XVI, p. 516-517. (Edit russe.)

« L’impérialisme est la tentative des grands maîtres de l’industrie d’élargir les voies pour le flux de leur excédent de richesse en cherchant des marchés extérieurs et des investissements extérieurs pour exporter les biens et le capital qu’ils ne peuvent vendre ou utiliser chez eux. » (John Atkinson Hobson)

« La tendance du capitalisme aux expansions soudaines constitue l’élément le plus important, le trait le plus remarquable de l’évolution moderne ; en fait l’expansion accompagne toute la carrière historique du capital elle a pris dans sa phase finale actuelle, l’impérialisme une énergie si impétueuse qu’elle met en question toute l’existence civilisée de l’humanité. » (Rosa Luxembourg)

« - 1° La concentration de la production et du capital, créant les monopoles dont le rôle est décisif dans la vie économique ; – 2° La fusion du capital bancaire avec le capital industriel et la réalisation sur cette base du capital financier, d’une oligarchie financière ; – 3° L’exportation du capital, devenue particulièrement importante, à la différence de l’exportation des marchandises ; – 4° La formation des monopoles capitalistes internationaux qui se partagent le monde ; – 5° Le partage territorial de la planète achevé par les plus grandes puissances capitalistes.
L’impérialisme est le capitalisme dans la phase du développement où s’est constituée la domination des monopoles et du capital financier, où l’exportation du capital a acquis une haute importance, où le partage du monde entre les grands trusts internationaux a commencé, où le partage de tous les territoires de la planète entre les plus grandes puissances capitalistes s’est achevé » (Lénine)

« Les banques qui financent des prêts de guerre et, aujourd’hui, une grande part de l’industrie lourde, et pas seulement les fournisseurs directs de blindages et de canons, ont dans tous les cas un intérêt économique à ce que des guerres soient menées ; une guerre perdue augmente pour eux aussi bien la demande qu’une guerre gagnée, et les intérêts politiques et économiques que les membres d’une communauté politique ont à l’existence de grandes usines de machines de guerre dans leur pays les contraint à tolérer que celles-ci fournissent le monde entier, y compris leurs adversaires politiques. » (Max Weber)

« L’impérialisme repose sur un atavisme. Il exprime des rapports de production caractéristiques de modes de production appartenant au passé. II constitue un élément atavique tant dans les structures sociales que dans les catégories affectives de la personnalité… » (Joseph Schumpeter)

« L’expansion impérialiste avait été déclenchée par une curieuse forme de crise économique, la surproduction de capitaux et l’apparition d’argent « superflu » résultant d’une épargne excessive qui ne parvenait plus à trouver d’investissement productif à l’intérieur des frontières nationales. Pour la première fois, ce ne fut pas l’investissement du pouvoir qui prépara la voie à l’investissement de l’argent, mais l’exportation du pouvoir qui suivit docilement le chemin de l’argent exporté, puisque des investissements incontrôlables réalisés dans les pays lointains menaçaient de transformer en joueurs de larges couches de la société, de changer l’économie capitaliste tout entière de système de production qu’elle était en système de spéculation financière, et de substituer aux profits tirés des commissions. La décennie précédant l’ère impérialiste, c’est-à-dire les années 1870, connut une augmentation inouïe d’escroqueries, de scandales financiers et de spéculation sur le marché des valeurs. » (Hannah Arendt)

« Pendant de nombreuse décennies d’expansion impériale, il y a eu au cœur de la culture européenne, un eurocentrisme résolu et constant. Il a accumulé des expériences, des territoires, des peuples, des histoires, les a étudiés, classifiés, vérifiés, et tout cela a donné aux hommes d’affaires les pouvoirs de « faire des projets grandioses ». Mais surtout il les a assujettis, en bannissant leur identité – sauf en tant que créatures inférieures – hors de la culture et en fait de l’idée même d’une Europe chrétienne et blanche. Il faut voir cette dynamique culturelle comme un contrepoint vital qui alimente et renforce la machine économique et politique au centre concret de l’impérialisme. Cet eurocentrisme a inlassablement codifié et observé tout ce qui touchait au monde non européen ou périphérique, de façon si approfondie et détaillée qu’il n’a guère laissé de questions non abordées, de cultures non étudiées et de peuples non revendiqués. Ces idées sont pratiquement incontestées depuis la Renaissance. Même les catégories sociales longtemps considérées comme progressistes étaient sur l’empire uniformément rétrogrades. L’eurocentrisme a pénétré jusqu’au cœur du mouvement ouvrier, du féminisme, de l’avant-garde artistique, n’épargnant aucune des personnalités marquantes. » (Edward Saïd)

« L’impérialisme n’a pas pris fin, n’est pas soudain devenu « du passé » avec la décolonisation, le grand démantèlement des empires classiques. Il a légué de multiples relations qui lient toujours l’Algérie à la France ou l’Inde à la Grande Bretagne. D’importantes populations nouvelles de musulmans, d’Africains, d’Antillais, venus des anciens territoires coloniaux, résident aujourd’hui en Europe. Même l’Italie, l’Allemagne et la Scandinavie doivent faire face à ces migrations, qui, si elles stimulent la croissance démographique du continent européen résultent très largement de l’impérialisme et de la décolonisation. La fin de la Guerre froide puis celle de l’URSS ont, elles aussi, radicalement changé la carte du monde. Le triomphe des Etats-Unis, restés seuls superpuissance, suggère qu’un nouveau jeu de lignes de force va structurer le monde – celui dont la gestation était perceptible dans les années 1960 et 1970… » (Edward Saïd)

http://bougnoulosophe.blogspot.fr/2009/08/de-limperialisme-et-de-quelques.html