Archives de Tag: Leopoldina Fortunati

During the rece…

During the recent years of struggle – by all women, not only prostitutes – it has become clear that the state is the prime target to attack, not the pimp or the client, who are merely secondary objectives. The state is the biggest “pimp” of all. Through fines and imprisonment it is always trying to reduce prostitute’s income to the average female level – low. The state is the true exploiter of both houseworkers and sexworkers, and all women should and must continue to unite internationally in struggle against the criminalization of prostitutes. It is every woman’s struggle.

Leopoldina Fortunati, The Arcane of Reproduction : Housework, Prostitution, Labor and Capital; Autonomedia, 1996, p. 56

Durant les récentes années de lutte – de toutes les femmes, pas seulement des prostituées- il est devenu clair que l’Etat est la première cible à attaquer, non le proxénète ou le client, qui ne sont que des objectifs secondaires. L’Etat est le plus gros “proxénète” de tous. Par les amendes et l’emprisonnement il tente sans cesse de réduire le revenu des prostituées au niveau moyen féminin ) bas. L’Etat est le véritable exploiteur tant des travailleuses ménagères que des travailleuses du sexe, et toutes les femmes devraient et doivent continuer à s’unir internationalement dans la lutte contre la criminalisation des prostituées. c’est la lutte de toutes les femmes.

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One the one han…

One the one hand, the woman is formally prevented from selling herself as houseworker and as prostitute in the same time, given that one person cannot at the formal level exist as legal (houseworker) and illegal (prostitute) subjects simultaneously. On the other hand for the prostitute to sell her labor-power as its capacity for production would also be formally incompatible. But in practice she can and she does. Nowadays, for example, with the crisis of family so rampant, housewives and others are becoming part-time prostitutes, as too are students, workers, teachers, secretaries, etc. The division in the female job market between prostitute and non-prostitute is thus blurring. Entering and leaving the two markets has become far easiest than in the past […]. The rise in prostitution, coupled with women’s increasing absenteeism from housework, is dangerously changing the face of the male worker’s consumption, where his consumption of housework should not only be complementary but also fundamental to his consumption of prostitution work, and vice versa. In response, capital has intensified its efforts to regain its quantitative control over the supply of prostitution work. The wave of repression of prostitutes is in reality capital’s attempt to re-establish the complementary aspects of the exchange, and to once more place prostitution work in a secondary position to housework in terms of the male worker’s quantitative consumption of it.

Leopoldina Fortunati, The Arcane of Reproduction : Housework, Prostitution, Labor and Capital; Autonomedia, 1996, p. 44-45

D’un côté, la femme est formellement empêchée de se vendre comme ménagère et comme prostituée en même temps, étant donné qu’une personne ne peut, au niveau formel, exister simultanément en tant que sujet légal (la ménagère) et illégal (la prostituée). D’un autre côté, pour la prostituée, vendre sa force de travail comme sa capacité pour la production serait aussi formellement incompatible. Mais en pratique, elle le peut et elle le fait. De nos jours, par exemple, avec la crise si endémique de la famille, les femmes au foyer et autres deviennent des prostituées à temps partiel, de même que les étudiantes, travailleuses, enseignantes, secrétaires, etc. La division dans le marché du travail féminin entre prostituée et non-prostituée devient brouillée. Entrer et quitter ces deux marchés est devenu bien plus facile que par le passé […] L’augmentation de la prostitution, couplée au croissant absentéisme  des femmes du travail ménager, est en train de dangereusement changer le visage de la consommation du travailleur, puisque sa consommation de travail ménager ne devrait pas être seulement complémentaire, mais fondamentale, par rapport à sa consommation de travail de prostitution, et vice versa. En réponse, le capital a intensifié ses efforts pour récupérer un contrôle quantitatif sur la réserve de travail de prostitution. La vague de répression des prostituées est en réalité une tentative du capital pour rétablir les aspects complémentaires de l’échange, et pour, une fois de plus, placer le travail de la prostitution dans une position secondaire par rapport au travail ménager en ce qui concerne la quantité qu’en consomme le travailleur.

In the case of …

In the case of housework, the relation does not appear to be between the woman and the capital, but between the housewife and the male worker, thus it appears as a relation which is intended to satisfy reciprocal individual consumption and not the work it is – a relation of production. In prostitution, too, the relation does not appear to be between the woman and capital, but between the prostitute and the male worker. In this case too, prostitution appears to be intended to satisfy reciprocal individual consumption and not the work it is – again a relation of production. Thus both these relations posit themselves as non-directly waged relations of production which take place between woman – as houseworker or as sex-worker – and capital, through the mediation of the male worker.

Leopoldina Fortunati, The Arcane of Reproduction : Housework, Prostitution, Labor and Capital; Autonomedia, 1996, p. 23

Dans le cas du travail domestique, la relation ne semble pas être entre la femme et le capital, mais entre la ménagère et le travailleur, ce qui apparait alors comme une relation destinée à satisfaire la consommation individuelle réciproque, et non comme le travail que c’est – une relation de production. Dans la prostitution, également, la relation ne semble pas être entre la femme et le capital, mais entre la prostituée et le travailleur. Dans ce cas également, la prostitution semble destinée à satisfaire la consommation individuel réciproque, et non pour le travail qu’elle est – à nouveau, une relation de production. Ces deux relations se présentent alors comme des relations de production non-directement rémunérées, qui prennent place entre la femme – en tant que ménagère ou que travailleuse du sexe – et le capital par la médiation du travailleur. 

 

Under capitalis…

Under capitalism, reproduction is made up of different sectors. The family and prostitution are the main sectors, the backbone of the entire process […] The second process however – the sexual reproduction of labor power – is a corollary and specific process of reproduction. Prostitution is corollary because its function must be to support and complement housework »

Leopoldina Fortunati, The Arcane of Reproduction : Housework, Prostitution, Labor and Capital; Autonomedia, 1996, p. 17-18

« Sous le capitalisme, la reproduction est constituée de différents secteurs. La famille et la prostitution sont les secteurs principaux, le pilier du procès complet […]. Le second procès cependant – la reproduction sexuelle de la force de travail – est un procès de reproduction corollaire et spécifique. La prostitution est corollaire parce que sa fonction doit être de soutenir et de compléter le travail domestique »