Archives de Tag: Travail

In neoliberal d…

In neoliberal discourse, married women are assumed to be responsible for children and dependent on wage-earning husbands, and are often advised to stay at home during their children’s early years to build self-esteem and independence in the young. They are also encouraged to volunteer, as the bulwarks of civil society and « faith-based » social service provisions, with their unpaid labor underpinning the privatized social safety net. Single, divorced, and widowed women may « choose » to work in a gender and race-segmented labor market without affordable childcare or public assistance in order to build their self-esteem and independence—or, some welfare reformers suggest, they may « choose » to put their children up for adoption by married couples, or house them in orphanages. Lesbian and gay, bisexual or transgendered parents may choose only to take their chances amid the patchwork legal minefield of inadequate to hostile partnership provisions, custody rulings, adoptions laws, social services, employment and health insurance practices, and educational (in)visibility.
For men, neoliberal policy wonks and politicians have advocated « law and order » programs, including the « war on crime » and the « war on drugs, » « zero tolerance » policing, « quality of life » crackdowns on crimes against public order, and the mass incarceration of young poor men, especially black men.

Lisa Duggan, The Twilight of Equality : Neoliberalism, Cultural Politics, and the Attack on Democracy, p. 17-18

 

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le pouvoir des femmes et la subversion sociale

le pouvoir des femmes et la subversion sociale

par Mariarosa Dalla Costa et Selma James

In the case of …

In the case of housework, the relation does not appear to be between the woman and the capital, but between the housewife and the male worker, thus it appears as a relation which is intended to satisfy reciprocal individual consumption and not the work it is – a relation of production. In prostitution, too, the relation does not appear to be between the woman and capital, but between the prostitute and the male worker. In this case too, prostitution appears to be intended to satisfy reciprocal individual consumption and not the work it is – again a relation of production. Thus both these relations posit themselves as non-directly waged relations of production which take place between woman – as houseworker or as sex-worker – and capital, through the mediation of the male worker.

Leopoldina Fortunati, The Arcane of Reproduction : Housework, Prostitution, Labor and Capital; Autonomedia, 1996, p. 23

Dans le cas du travail domestique, la relation ne semble pas être entre la femme et le capital, mais entre la ménagère et le travailleur, ce qui apparait alors comme une relation destinée à satisfaire la consommation individuelle réciproque, et non comme le travail que c’est – une relation de production. Dans la prostitution, également, la relation ne semble pas être entre la femme et le capital, mais entre la prostituée et le travailleur. Dans ce cas également, la prostitution semble destinée à satisfaire la consommation individuel réciproque, et non pour le travail qu’elle est – à nouveau, une relation de production. Ces deux relations se présentent alors comme des relations de production non-directement rémunérées, qui prennent place entre la femme – en tant que ménagère ou que travailleuse du sexe – et le capital par la médiation du travailleur. 

 

Federici (en français) sur le sexwork, le stigmate, le féminisme

(question) ok, l’institutionnalisation de la prostitution, c’est quelque chose qui est permis par la constitution européenne. On ne voit pas des femmes brûlées comme au Bengladesh, mais nous voyons en revanche des bordels à la frontière de l’Autriche et de la République Tchèque, et je pense que c’est une lutte très importante, la complaisance avec la prostitution institutionnalisée

Silvia Federici : Je pense qu’il y a une continuité ici avec les années 80 et le processus de mondialisation, et, dans un sens, sa phase initiale – la période qui a vu le développement des rapports capitalistes. Ceux de vous qui ont lu Caliban and The Witch sauront que je parle de massification de la prostitution. Une des premières conséquences de l’expropriation des terres a certainement été la massification de la prostitution. Alors même que la prostitution était en effet acceptée socialement tout au long du Moyen Âge, elle est devenue criminalisée et toutefois, bien entendu, c’était une issue à laquelle les femmes recouraient, suite à la fin, notamment, de l’accès aux communs. On voit le même processus aujourd’hui. Il y a en effet une massification de la prostitution comme du travail sexuel à travers le monde.
Je pense que dans une certaine mesure, dans une certaine mesure, mais je pense dans une mesure limitée, que l’augmentation du nombre de femmes qui se tournent vers le travail sexuel a aussi à voir avec le mouvement féministe. Il a contribué à ébranler cette forme de stigmate moral attaché au travail sexuel. Je pense que le mouvement des femmes a aussi donné le pouvoir, par exemple, au prostituées, de se représenter en tant que travailleuses du sexe.
Ce n’est pas un hasard si à la suite du mouvement féministe vous avez le début d’un mouvement de travailleuses du sexe, à travers l’Europe par exemple. Avec le stigmate, les féministes ont vraiment attaqué cette hypocrisie : la mère sainte, cette vision de la femme, toute à l’auto-sacrifice, et la prostituée, qui est la femme qui réalise du travail sexuel mais pour de l’argent.
Elle se fait payer, ce qui est en effet une violation de a première règle : que tu travaillera pour rien. Et vous avez cette séparation entre la « mauvaise femme » et la « bonne femme ». Le mouvement des femmes a vraiment remis en question cette séparation et en ce sens donné aux travailleuses du sexe la force d’avancer. Ainsi, une part de l’augmentation dans le nombre de travailleuses du sexe… il y a de nombreuses femmes – des étudiantes, mais aussi des mères de famille, que je connais, aux Etats-Unis – qui exercent le travail sexuel à côté, pour compléter d’autres formes de travail salarié qui ne paient pas assez. Ou pour payer leurs études, font du travail sexuel à côté. Je connais beaucoup, beaucoup de femmes qui font ça. En particulier maintenant que vous pouvez exercer le travail sexuel en ligne, vous pouvez en effet l’exercer depuis votre chambre, vous savez ; du sexe interactif, par exemple. Je ne sais pas, si vous voyez cette forme de travail sexuel. Mais le sexe par téléphone, le sexe interactif, tous sont des moyens par lesquels vous pouvez intégrer le travail sexuel dans votre routine, pendant que vous préparez votre repas. Mais ce qui a aussi beaucoup à voir avec l’augmentation du nombre de travailleuses du sexe, c’est aussi les conditions de vie. Au final, le travail sexuel paie mieux que de travailler comme domestique. De nombreuses femmes…j’ai fait du travail, du travail de recherche, sur des femmes qui ont migré comme domestique, travailleuses de la santé…et dans de nombreux cas, après un ou deux ans, si elles peuvent elles optent pour le travail sexuel parce que qu’elles peuvent gagner dans un temps beaucoup plus court beaucoup plus.
Evidemment, au sein du travail sexuel vous avez toutes formes de coercition, toutes formes de brutalité, l’industrie du sexe est une des plus violentes industries. Mais ce n’est pas la plus violente. Si vous travaillez dans une zone de libres échanges votre vie est beaucoup plus en danger que si vous travaillez dans un bordel ou dans la rue.
Je pense qu’il y a un problème majeur – qu’il y a eu un problème majeur dans le mouvement féministe. Le mouvement féministe a été très divisé sur la question du travail du sexe. Et je ne sais pas comment c’est ici en Croatie, comment c’est dans les Balkans, mais je sais que j’ai eu de très nombreuses discussions avec des amies, et certaines féministes, qui ne veulent pas entendre parler de travail du sexe. Elles pensent que le simple fait de parler de travail du sexe revient à valider un type d’activité qui est contraire aux droits des femmes, qui est fondamentalement contraire à l’image transformatrice des femmes.
Et d’un autre côté, il y a de nombreuses autres féministes qui voient le travail du sexe comme un type légitime de travail parmi les options disponibles pour les femmes, et je me situe moi-même dans ce second groupe. Je pense que critiquer particulièrement les femmes qui optent pour le travail du sexe est une vision qui manque de perspective, parce qu’elle découle vraiment d’une position moraliste, dans la mesure où il y a de nombreuses autres formes de travail aujourd’hui qui ont vraiment… qui exposent les femmes à une situation dangereuse similaire. Et peut-être dans certains cas même plus – exposent les femmes à des situations qui les mettent vraiment dans une position de totale subordination, et c’est une position qui les rend vulnérables à la violence.
OK, je vais m’arrêter là. Et j’aimerais bien entendre, peut-être, des commentaires, venant de vous (geste vers l’audience), sur cette question
(silence)
(facilitatrice) des commentaires, s’il vous plait. N’ayez pas peur de la thématique sexuelle
(un autre silence)

https://www.youtube.com/watch?v=enpTFJsswWM à partir de 1:10:23

transcription Ellis Suzanna Slack, traduction Morgane Merteuil.

Federici about sexwork, stigma and feminism

(question) ok, the institutionalising of prostitution. something that the European constitution is complying to…We don’t see burning women in Bangladesh but we certainly see bordellos in the border of Austria and the Czech Republic and i think this is a very important struggle with the compliance of institutionalised prostitution…

Silvia Federici: I think there is a continuity here with the 1980s and the globalisation process and, in a way, the early phase – the period that saw the development of capitalist relations. Those of you who have read ‘Caliban & the Witch’ will know that I speak of the massification of prostitution. One of the main first consequences of land expropriation was certainly the massification of prostitution. At the very moment when prostitution had actually been accepted socially throughout the Middle Ages, it became criminalised and nevertheless, of course, this was one of the avenues that women resorted to with the end of, basically, the access to the commons. We see the same processes today. In fact, there’s been a massification of prostitution as sex work across the world.

I think that to some extent, to some extent, but I think to a limited extent, that the increase in the number of women who are turning to sex work has also had to do with the feminist movement. It has given a contribution to undermining that kind of moral stigma attached to sex work. I think the women’s movement has also given power for example, to prostitute -to represent themselves a sex workers.

It’s not an accident that with on the wake of feminist movement you have the beginning of a sex worker’s movement, throughout Europe, for instance. So that the stigma, the feminists, they really attacked that hypocrisy: the holy mother, that vision of women, the whole self-sacrificial and the prostitute, which is the woman who does sexual work but for money.

And she gets paid, so she is in fact in violation of the first rule: that you work for nothing. And you have that separation of the ‘bad woman’ and the ‘good woman’. The women’s movement has really challenged that separation and in that way given power for the sex workers to move.

So part of the increase in the number of sex workers…there are many women -students, also housewives, I know, in the United States – who do sex work on the side, to complement forms of wage labour that don’t pay enough. Or to pay your tuition, to do some sex work on the side. I know many, many cases of women who do that. Particularly now that you can do sex work electronically, you can actually do it from your bedroom, you know; interactive sex for instance. I don’t know if you have this form of sex work. But sex by phone, interactive sex; these are all ways you can integrate sex work into your routine, as you’re cooking your food. But much of the increase in the number of sex workers has to do also with the conditions of living. In the end, sex work pays better than working as a maid. Many women – I’ve done work, research work, on immigrant women who migrate as a maid, as healthcare workers..and after in many cases after one or two years if they can they may opt to do sex work because what they may earn in a much shorter time is much more.

But of course as part of sex work you have all forms of coercion, all forms of brutality, the sex business is one of the most violent businesses. But it is not the most violent business. If you work in a free export zone your life is as much in danger as if you work in a brothel or on the street.

I think there is a major problem – there has been a major major problem in the feminist movement. The feminist movement has been really split on the question of sex work. And I don’t know how it is here in Croatia, how it is in The Balkans, but I know that I have many many discussions with feminist friends, and often they are on the opposite side, because I have some friends, and some feminists, who do not want to hear about sex work. They think to even speak of sex work is to validate a kind of activity that is contrary to women’s rights, that is contrary to basically the transformative image of women.

And on the other hand, there are many other feminists who see sex work as a legitimate type of work among the options that are available to women, and I place myself in that second group. I think that to particularly criticize the women who opt for sex labour is very short sighted, because it really stems from a sort of moralistic position, given that there are many many other forms of work today that have very…..expose women to the same dangerous situation. And perhaps in some cases even more – and expose women to situations that basically put them in a completely subordinate position, and it’s a position that makes them vulnerable to violence so..

OK. I will leave it at that. And i would like to hear, maybe, some comments, coming from you (gestures to audience), on this question.

(silence)

(facilitator): comments please. don’t be afraid of the sex topic.

(another silence!)

https://www.youtube.com/watch?v=enpTFJsswWM à partir de 1:10:23

transcription Ellis Suzanna Slack

proletariat do …

proletariat do not unite and fight because first there is all kinds of divisions within the proletariat itself. Divisions that have to do with race. divisions that have to do with sex. and these divisions are structural […] for example sexism is a structural necessity of capitalist society. because sexism is the ideological justification for the fact that women have to be subordinated to men […] one of the first pamphlets I wrote begin with this statement : they call it love. we call it unpaid labor. and I think, there is love but I think we’ll experience it when we are free when we’ll be able not to have to sell our bodies in order to get a meal or something similar »

Silvia Federici https://www.youtube.com/watch?v=enpTFJsswWM (autour de 52’30)

Nothing, in fac…

Nothing, in fact, has been so powerful in institutionalizing our work, the family, and our dependence on men, as the fact that not a wage but “love” has always paid for this work.

Silvia Federici, « counterplanning from the kitchen” (1975), in Revolution at point Zero : Housework Reproduction and Feminist Struggle, p. 37