Archives de Tag: Violences

Despite the acceptance of “sluts,” the “prostitute” remains a deeply embedded symbolic marker between decency and disrespect. The “ethical slut” engages in sex of her or his own “free” will, while the “dirty whore” insists on getting paid for sex. Sex-positive feminists and other “sluts” believe there is nothing morally wrong with consensual sex between two (or more) people in private, or for adults, in a semi-public setting such as a sex club, dungeon or swingers’ retreat. But money changes everything.

Whorephobia remains pervasive in the social psyche, showing its ugliness even in sex-positive communities. The positive emphasis on sex work confuses “straights” into thinking that sex work is about sex, not work. That cognitive dissonance — the deep chasm filled with stereotypes and prejudices — interferes with the capacity of civilians to hear sex workers speak about their experiences. Stories that don’t conform to the “superhappyfunsexysexwork!” narrative tend to flummox pro-sex feminists; they can identify with privileged exotic dancers, porn performers and professional dominants (even fantasize about being one), but think “junkie whores” need to be rescued and should be prevented from working in their gentrifying neighborhoods. Such disrespectful treatment leads to silencing, ignoring, or rewriting what sex workers have to say.

Writing in the blogosphere recently, sex workers say they’re frustrated with the uncritical acceptance of sex-positive feminism. Furry Girl, the Seattle-based founder of SWAAY, is also the blogger behind Feminisnt because she “got tired of trying to shoehorn my life into a useless ideology like a pair of ill-fitting high heels.” The habit of always trying to put a “good” face on sex work leaves little room for those who have had not-so-good experiences. They fear talking about the bad stuff because “straight” audiences, whether pro-sex feminists, prohibitionists or the media, tend to stuff those stories into established morality tales about sex, violence and bodily integrity. But the truth is that by telling stories with all the gory details and delicious specifics, we can get to the revolution that sex workers are creating right now.

Melinda CHATEAUVERT : Ethical Sluts and “Dirty Whores” : Straight Talk About Sex Work 

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La focalisation médiatique et publique sur la « traite des êtres humains » et sur les trafiquants qui en sont responsables permet de rendre invisible ou du moins d’opacifier la situation politique qui rend possibles ces « trafics » de personnes et notamment le rôle de la fermeture des frontières et de la politique migratoire française actuelle. D’une part, si la « traite » et les trafiquants existent, c’est en grande partie en raison du durcissement des politiques migratoires. D’autre part, les trafiquants ne sont pas seuls responsables des violences infligées aux personnes et des situations inhumaines qu’elles subissent : certaines institutions contrôlées par l’État ne le sont pas moins. A` titre illustratif, nous relaterons l’expérience de Cora, une Ivoirienne de 32 ans. Arrivée par avion de Côte-d’Ivoire sans visa, elle a été recluse à l’aéroport pendant vingt-quatre jours avec plusieurs autres femmes et hommes originaires de différents pays. Cette réclusion a été le lieu de nombreuses humiliations : ces personnes étaient enfermées et insultées, on leur donnait pour toute nourriture du pain sec et de l’eau, les femmes comme les hommes étaient frappés, Cora a assisté au viol de plusieurs femmes, elle était contrainte de faire ses besoins devant une femme policier, elle ne pouvait pas se laver. Ces pratiques vont à l’encontre des principes des droits de l’Homme et s’apparentent à l’esclavage.

MOUJOUD Nasima et POURETTE Dolorès, « « Traite » de femmes migrantes, domesticité et prostitution » À propos de migrations interne et externe,
Cahiers d’études africaines, 2005/3 n° 179-180, p. 115-116

Les récits de migrantes en France montrent que les personnes qui n’ont pas les moyens financiers ou juridiques de quitter leur pays par les voies « officielles » sont tenues d’emprunter des circuits illé- gaux. L’analyse des formes actuelles de la « traite » des femmes montre combien la mobilité de celles-ci est restreinte et combien elles sont vulnérables, au cours du voyage et dans le pays de destination, à diverses formes de violences (physiques, sexuelles, psychologiques…) dès lors qu’elles ten-tent la migration. La « traite » des femmes apparaît de ce fait comme un « système » où se conjuguent les conditions de vie défavorisées dans le pays d’origine, la nécessité de les fuir, les disparités entre pays riches et pays pauvres et l’impossibilité de migrer autrement que par des moyens infor-mels. Ces éléments constituent les conditions nécessaires à l’existence des formes contemporaines d’exploitation et de « traite » des femmes. Si les femmes avaient d’autres possibilités pour migrer ou se soustraire à des situations invivables, ces formes dites modernes d’esclavage n’existeraient pas, ou du moins ne revêtiraient pas une telle importance.
Les parcours des femmes rencontrées en France montrent que la migration s’inscrit dans de véritables « stratégies », au sens où elle est décidée et mise en œuvre, avec les éléments et les ressources dont elles disposent, dans un but précis : trouver un emploi, économiser de l’argent pour financer les études de son enfant ou pour nourrir sa famille, échapper aux conflits armés, être autonome… Les rapports sociaux de pouvoir ne s’imposent pas à des personnes passives, au contraire, les individus saisissent certains enjeux et développent des « stratégies » ou des « tactiques » (de Certeau 1980) par lesquelles ils se réapproprient, au moins partiellement ou transitoirement, certaines règles du jeu social (Fassin 2001). Ainsi, « les femmes faisant l’objet du “trafic” sont le plus souvent des innovateurs sociaux » (Lazaroiu & Ulrich 2003 : 299). Cette affirmation peut sembler contradictoire au premier abord mais prend sens si l’on considère qu’à l’origine de leur implication dans le « trafic » se trouvent leur domination et leur volonté initiale de partir.

MOUJOUD Nasima et POURETTE Dolorès, « « Traite » de femmes migrantes, domesticité et prostitution » À propos de migrations interne et externe,
Cahiers d’études africaines, 2005/3 n° 179-180, p. 1111-1112.